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Photographe

Nous sommes le 15 avril 2019, j’ai 56 ans aujourd’hui même et il y a quelques jours, je viens de m’engager, car il s’agit bien d’un engagement, au sein de Souvenange.
Je suis père de 4 enfants (entre 25 et 32 ans) et 3 fois grand-père. Mais l’un de mes petits enfants est un ange, il devrait avoir 3 ans. Sa perte, 2 jours avant la date prévue de l’accouchement a été terrible pour toute famille.
Afin de préserver la santé de la mère, ma fille, le corps médical a laissé l’accouchement se dérouler «normalement», elle a du porter son enfant sans vie pendant 2 longs jours … Peut-on imaginer une telle épreuve ? Quel réconfort, quels mots peut-on apporter aux parents ? Après 3 ans, il ne reste qu’une plaque dans un cimentière gravé uniquement d’un prénom et d’une date. Et là, je me dis que la photo a tout son rôle, celui d’entretenir le souvenir, l’amour, la beauté d’un petit être que l’on aurait bien aimé connaître. Je sais que les sages-femmes ont réalisé quelques photos mais ma fille n’a pas le courage de les demander, elle est pourtant la seule à pouvoir le faire. Je souhaite les récupérer, un jour peut être, et essayer de les retoucher afin d’apporter un peu de douceur à des images qui pourraient être trop dures pour des cœurs déjà blessés.
J’ai toujours pratiqué la photographie mais depuis 2015, je suis professionnel. J’essaie de travailler dans tous les domaines mais je fais beaucoup de reportage de mariage, baptêmes, naissance et ma plus belle récompense est de voir les visages de mes clients s’illuminer lors de la remise de photos. Si je pouvais retrouver qu’un minuscule soupçon de cette expression, même caché derrière les inévitables larmes de chaque par’ange, je saurai que mon engagement n’aura pas été vain.
Jean Louis