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  • Témoignage de Rhéa après son accompagnement en maternité

    Petit bonhomme,

    Il y a une goutte d’eau sur ton doigt. Tes mains étaient près de ton visage, c’est une larme peut être.

    Tandis que je retouche les photos de toi, et que parfois je me sens triste, cette goutte sur ta peau m’a fait l’effet d’un océan de vie.

    Merci p’tit gars.

    -------------------------

    Cher petit bonhomme,

    Je viens de finir tes photos, je me prépare à les envoyer à ta maman et ton papa.

    Tu sais, lorsque je t’ai rencontré, il y avait de l’amour partout autour de toi. Du silence aussi, le même silence que le tien. Un silence qu’on n’arrive pas à rompre sans s’en vouloir. Même les sanglots de ta maman essayaient d’être discrets. Dans ton sommeil si long, le monde disait chut.

    Le départ a été le plus dur. J’aurais aimé rester près de toi plus longtemps.

    Spontanément, selon l’expression consacrée, j’allais ajouter : alors je n’ose imaginer combien cela a été dur pour tes parents de te laisser partir.

    Mais si, j’imagine, j’ose dire que je sais.

    Ma sortie de votre chambre d’hôpital m’a fait revivre le moment de l’adieu au corps de Sacha. Mais cette fois, je ne ressentais plus ce désarroi immense face au corps sans vie, ce mélange d’amour et de répulsion qu’il m’a fallu des années à pardonner. Je ne ressentais que le chagrin de te laisser, j’avais envie de te parler encore. De te bercer encore un peu. De te dire encore combien tu es aimé, et que la nuit n’est pas à craindre, que tu as une maison dans les cœurs où chaque jour, on allume un soleil éclatant, où tu ressens le bonheur de l’air sur ton visage, où tu entends le chant des oiseaux.

    J’avais envie de te dire de n’avoir pas peur d’être seul. J’avais envie de dire à tes parents, de n’avoir pas peur de toi.

    Toi, tu n’as rien à craindre de ce monde. Tout ce qui vaille ici la peine d’exister, c’est l’amour. Tu as cet amour, infini, parfait, immuable. Le monde, ses tourments, les cauchemars, les méchancetés des petits et des grands, tu ne les crains pas. Tu es au-dessus de cela, au-dessus de nous tous. Comme Sacha, tu es à jamais un enfant parfait.

    Ton papa, ta maman, ils sont restés dans ce monde étrange, où l’on peut aimer par-dessus tout sans jamais pouvoir faire un câlin, où l’on doit négocier la réalité de sa parentalité, où l’on doit s’excuser de souffrir de la pire des douleurs, où l’on doit survivre à son enfant.

    Un bébé naît en se préparant à soulever des montagnes ; durant 9 mois, il s’est armé d’amour, il est rempli de force, ses facultés sont titanesques, et en quelques mois il apprendra plus qu’en toute une vie.

    Tu as toute cette force en toi, et tout cet amour. Dans cette pure bonté qui te constitue, envoie un peu de ton courage à tous ceux qui restent pour essayer de faire le monde un peu moins bizarre.

    Je suis fière, petit bonhomme, d’avoir croisé ton chemin ; je n’en vois pas le bout, il part bien plus loin que nos pauvres yeux sont capables de voir le monde. Un jour, si je suis très sage, on se recroisera.

    D’ici là, je te porte dans mon cœur.

  • Retour émouvant de Charlotte

    Bonjour Anne,

    Par ce mail, je souhaite sincèrement et du fond du cœur vous remercier pour l'accompagnement que vous avez fait le mardi 21 Mai 2019.
    Maximilien et moi avons connu le pire drame qu'il puisse arriver à une famille, celle de perdre son bébé. 
    Notre toute petite fille était malade ; nous avons fait le choix de l'amour pour qu'elle puisse être en paix.

    Votre travail a consisté à prendre des photos de mon bébé mort. Cela peut sembler trivial et peut en choquer plus d'un.
    Mais quand je vois les photos, je ne peux que vous féliciter de votre action bénévole !
    Vous avez su capter et retranscrire les moments d'amour et de tendresse, les regards sereins que j'ai eus envers Aliénor.
    C'est le premier et le seul souvenir que j'ai d'elle, et cela rend votre intervention fantastique.

    Je ne connaissais pas du tout le travail de l'association SOUVENANGE et j'avais donc des craintes : est-ce un photographe professionnel qui vient ? Comment faire de belles photos d'un enfant décédé ? Comment le mettre en valeur ? Est-ce que je serai capable de supporter cette épreuve sous l’œil d'un objectif ?...
    Je ne regrette absolument pas de les avoir contactés pour nous aider. 
    Sans votre aide, je n'aurai regardé Aliénor que 10 minutes ; grâce à vous et à la séance photos, j'ai pu passer plus d'une heure et fais des gestes dont je me croyais incapable (l'embrasser, la toucher...)
    Grâce à votre intervention, je pourrais toujours me souvenir de son visage, de ces instants si paisibles que j'ai passés avec elle.

    Vous avez été disponible, à l'écoute, discrète, douce, pleine d'empathie sans tomber dans le pathos.
    Vous avez réussi à trouver votre place et faites désormais partie de notre histoire familiale.
    Les photos sont belles, tout simplement.

    Bien à vous.

    Charlotte

  • Témoignage d'une maman après l'intervention des bénévoles de l'association

    J’ai accouché à 32 SA par césarienne en mars dernier suite à une prééclampsie…

    10 jours après mon bébé est décédé. Ça a été très très dur pour moi, mon mari ainsi que notre entourage.

    Quelques mois après, j’ai entendu parler de Souvenange dans une émission télé, sans tarder j’ai envoyé un mail et j’ai obtenu une réponse très rapidement en m’expliquant la démarche à suivre pour envoyer mes photos.

    Merci à toute l’équipe de Souvenange pour ce que vous faites.
    Merci à Hélène pour votre réactivité et à Laurence pour ces retouches.
    Â la réception des photos j’en ai pleuré d’émotions…., elles sont démédicalisées et plus douce à voir.
    Mon mari et moi remercions toute l’équipe du fond du cœur.

  • Témoignage de la maman d'Aelig le tout-petit photographié par Emmanuelle

    Le 28 septembre 2017, rendez-vous pour la première échographie (12SA). Avec le papa, nous avons hâte de voir sa petite bouille sur l’écran pour réaliser que la famille est en train de s’agrandir ! 
    La sanction tombe lorsque que la gynécologue nous annonce qu’il y a un problème. 1 mois et demi d’examens et surtout d’attente interminable s’écoulent… Le 14 novembre, il n’y a désormais plus de doute possible : notre fils souffre de 2 graves malformations cardiaques irréparables.
    Cela implique 3 voire 4 opérations lourdes d’ici ses 3 ans, et qui sont sans garantie de réussite, une vie hyper médicalisée, jalonnée de prises de sang toutes les 3 semaines, de médicaments journaliers, une espérance de vie plus courte, une qualité de vie dégradée, une fragilité du point de vue de sa santé globale, des activités qui lui seraient refusées par prudence, et toutes les difficultés que nous n’avons pas encore mesurées…
    La décision est prise, nous lui préférons une interruption médicale de grossesse dont il ne souffrira pas. 
    On s’estime chanceux à bien des égards dans notre malheur, car bon nombre de nos proches traversent des épreuves qui nous semblent plus lourdes encore à porter chaque jour… Mais cela n’enlève pas le chagrin de ce drame contre-nature qu’est la perte d’un enfant ! 
    J’avais besoin de savoir que nous aurions des photos souvenir pour pouvoir affronter l’épreuve. Alors que je me faisais une raison suite aux refus de photographes professionnels déstabilisés par ma demande, l’appel de l’association qui me confirmait son intervention au lendemain de l’accouchement a été comme un déclic ! C’est précisément le jour de cet appel que je me suis enfin sentie prête à affronter l’interruption médicale de grossesse, … la naissance sans vie de mon deuxième petit garçon. 
    Le 7 décembre 2017, tout en douceur, Aelig naît sans vie. 
    Et savoir que nous aurions ces souvenirs m'a aussi permis de profiter pleinement de chaque instant avec mon bébé, sans avoir à me préoccuper de prendre telle ou telle photo parce qu'après il serait trop tard. Avant même son intervention, la bénévole de Souvenange m’a offert le jour venu une sérénité que je n’aurais pu espérer. Cela n’a pas de prix.
    Dans les jours qui ont suivi l’accouchement, ça m’a fait un bien fou de savoir qu’Aelig était comme « sorti de l’anonymat » grâce à l’association. La majorité de notre entourage ne nous parlait pas de notre fils, par peur de nous blesser certainement… mais le plus blessant était ce sentiment qu’il n’avait pas existé, ou que son passage dans nos vies dérangeait, et que nous, ses parents, devions nous excuser de vouloir lui donner la place que nous considérons la sienne. La bénévole de Souvenange a été l’unique personne à rencontrer en chair et en os notre loulou et cela m’est essentiel de savoir que quelqu’un d’autre, quelqu’un qui avait le choix et toute légitimité à « fuir », a accepté de le rencontrer. Sans l’intervention de l’association, seule l’équipe médicale, le papa et moi aurions vu notre fils, et j’en suis certaine aujourd’hui, j’en aurais profondément souffert.
    Maman d'un petit ange, ces souvenirs de qualité sont pour moi d'une richesse inestimable. De même que mon fils aîné a son « livre de vie » que je complète au fur et à mesure de ses expériences, et dans lequel un chapitre est consacré à son petit frère, mon fils cadet aura désormais son album photos. Ainsi, nous pouvons raconter son histoire, et nous y replonger quand on en ressent le besoin. Et quel bien précieux que d’avoir la possibilité de présenter son petit frère à notre fils aîné lorsqu’il en fera la demande. 
    Le poids tabou de notre société sur les enfants nés sans vie aurait presque pu, avec le temps, me convaincre qu’ « en effet, mon fils n’a pas réellement existé puisqu’il est né à 22 SA, sans vie… » Pourtant, bien avant sa naissance déjà, il faisait pleinement partie de notre famille. Aujourd’hui j’ai envie de crier au monde entier que « si, mon fils a bel et bien existé ! il était un magnifique petit garçon, énergique et plein de vie lorsque je le portais dans ma chair » et ces photos en sont la preuve. J’ai déjà perdu la chance de le voir grandir, personne ne me retirera la fierté d’être sa maman.
    Les photos permettent d’inscrire cet instant, de marquer son passage, de souligner ses traits de visages et tous ces petits détails dans le temps, de façon indélébile. C’est pourquoi elles sont essentielles pour aider à aller de l’avant. 
    Aujourd'hui qu'Aelig nous a quitté, je réalise que sans ces photos, mon souvenir de ses traits si fins seraient déjà bien flous dans mon esprit. Pas étonnant puisqu'en cumulant chaque instant, je n'ai passé qu'une heure, peut-être deux, à le tenir dans mes bras, et cela alors que j'étais fatiguée de mon accouchement et dévastée par l'émotion du drame que je traversais.
    Lorsque le chagrin m’envahit, je m’offre un instant d’intimité avec mon fils, je parcours ces photos qui le présentent sous son plus beau jour, si paisible, ces photos saisies par la bénévole avec tellement de sincérité et de bienveillance. Je les regarde aussi longtemps que nécessaire… Une pause entre lui et moi, hors du temps. Ce moment panse ma plaie pour un temps et me permet de rebondir, de repartir sur une autre activité, d’évader mon esprit. Ainsi, je n’ai pas l’impression de l’abandonner en poursuivant ma vie puisque je lui témoigne régulièrement de tout mon amour et, à travers les photos, je lui dis ce que j’aurais pu oublier de lui dire lorsque je le serrais dans mes bras. D’une certaine façon, je me reconnecte à lui.
    A réception des photos (joli cadeau de Noël reçu le 23 décembre), j’en ai pleuré d’émotions…
    Merci encore à E.B. pour ses magnifiques clichés, 
    et à Hélène, pour tout ce qu’elle a fait pour nous, 
    et à toute l’équipe de Souvenange pour ce qu’elle continue de faire chaque jour pour toutes les familles que nous sommes, vous et nous.

  • Retour sur une intervention en maternité par Hélène, bénévole pour Souvenange Photographie France

    Vendredi 27 avril

    9h58
    Mon téléphone sonne, je reconnais le numéro de la maternité.
    Ça fait toujours un petit coup au cœur. 
    La sage-femme cadre me dit qu’ils ont besoin de moi pour une prise de vue, l’appel durera 48 secondes.

    Je prends le temps de prévenir mon rendez-vous de midi que j’aurai sûrement un peu de retard.
    Je file sous la douche, je vérifie mon matériel.

    10h40 je pars de la maison.
    En route, comme toutes les fois précédentes, je mets la radio, je respire, j’entre en concentration.

    11h11 je me gare sur le parking de la maternité.
    Il fait beau, et bon.
    Je profite du court trajet à pied pour sentir le soleil sur ma peau et écouter le chant des oiseaux.

    11h15 je suis dans les lieux.
    J’ai l’habitude, cela fait un peu plus de 3 ans que je travaille en partenariat avec cette maternité. Je m’annonce, et je vais m’installer.

    11h17, la sage-femme me dit que la maman voudrait que je la prenne en photo avec son bébé. Je sais que je vais donc en avoir pour plus de temps que prévu, j’annule mon rendez-vous de midi.

    La sage-femme arrive, avec un berceau, recouvert d’un grand drap blanc.
    Je suis prête, je soulève le drap.
    Je découvre une toute petite poupette, elle est née trop tôt, à 22sa.
    Je demande son prénom, et je la prends délicatement dans mes mains.
    Elle est enveloppée dans une magnifique petite angeline violette, offerte par l’association Lou’Ange.
    Je la sors délicatement de son angeline, elle est toute petite et si parfaite.
    Je l’installe sur l’oreiller, et je prends le temps de l’observer, elle est si belle.

    Je commence. Les détails, ses pieds, ses mains, sa petite oreille, sa bouche.
    Puis je la prends en photo en entier, je la positionne au mieux.
    Sa tête est nue.
    Je fouille dans mon sac, il me reste un mini-bonnet que j’avais tricoté, je le lui mets, elle est encore plus jolie. Je refais des clichés.
    Puis je la remets dans son angeline et je fais encore des photos.

    Tout le temps de la séance, je lui parle, je l’appelle par son prénom.
    La sage-femme est restée avec moi. Je lui demande si elle me trouve bizarre de parler à ce bébé, de lui expliquer ce que je fais. Elle me dit que non, qu’elle, elle fait pareil. Je souris, et je lui réponds que si je parle à « mes » bébés, c’est que je ne photographie pas des « cadavres » (pardon pour le mot), moi je photographie des bébés, j’immortalise le lien d’Amour qu’ils ont avec leurs parents, avec leur famille, alors je leur parle, tout le temps, doucement…

    J’ai terminé. 

    Nous nous dirigeons, la sage-femme et moi, avec le berceau, vers la chambre de la maman. Elle a été mise tout au fond du couloir, au plus loin des autres mamans, par délicatesse, pour qu’elle n’entende pas les pleurs des bébés.
    Je rentre dans la chambre. La fenêtre est ouverte et le soleil s’engouffre.
    La maman est assise sur son lit, je me présente.
    Le papa n’est pas là, et il ne viendra pas. Il n’a pas vu sa fille, il n’en a pas le courage.

    Je retire à nouveau le grand drap, je sors tout doucement cette toute petite puce, et je la dépose dans les bras de sa maman.
    Puis je ressors mon matériel, et je les prends en photo, toutes les deux.
    La maman a le visage un peu triste, mais elle ne pleure pas.
    Je lui parle, je lui dis à quel point sa fille est belle.
    Elle me remerciera pour cela. 

    J’ai terminé.
    Je demande à la maman si elle ne veut pas essayer de convaincre son mari, une dernière fois, de nous rejoindre.
    Elle m’explique que ce n’est pas la peine, qu’il ne changera pas d’avis.
    J’ai une idée !
    « Auriez-vous une photo du papa sur votre téléphone ? »
    Elle le prend, elle cherche sur son profil Facebook. Elle m’en montre deux, nous choisissons ensemble.
    Je reprends des photos, la maman, son bébé, et la photo du papa sur le téléphone, dans la main de la maman.
    Je ne sais pas si lui les regardera un jour, mais à cet instant, le visage de cette maman s’est illuminé, elle a esquissé un sourire. Virtuellement soit, la famille est réunie pour un court instant, c’était leur premier bébé.

    Cette fois j’ai terminé, je range mon matériel. Nous échangeons quelques mots.

    La poupette va partir à l’autopsie juste après mon départ, je la laisse dans les bras de sa maman, et puis je quitte la chambre, en ayant pris quelques instants pour faire une petite caresse au bébé, pour lui dire aurevoir. Je salue la maman, je pose ma main sur son bras, et je la regarde. Je ne sais jamais trop quoi dire au moment de cette séparation, alors je touche, et je regarde.

    Je passe par le bureau des sages-femmes pour indiquer la fin de mon accompagnement, et que je reviendrai rapporter les photos.

    12h26 je repars de la maternité.
    Il fait toujours beau et bon, et je n’ai pas envie de rentrer tout de suite, j’ai besoin d’un petit sas de décompression.

    Je remonte dans ma voiture, et puis je décide d’aller me détendre un peu. Je vais jouer avec mon téléphone, en me promenant. Je jouerai pendant 2 heures ce jour-là.

    Cela fait un peu plus de 3 ans maintenant que j’ai fait mon premier accompagnement pour Souvenange, et c’est la première fois que j’écris après une séance. Il m’aura sans doute fallu ce temps pour poser les mots.

    En tant que Présidente de l’association, je passe beaucoup de temps à autre chose que des séances d’accompagnement sur le terrain, la communication, le recrutement des bénévoles, la formation, l’administratif… Je suis heureuse de continuer à aller accompagner les parents en maternité, parce que même si je sais que tout le reste de mon travail est indispensable, les accompagnements, c’est l’essence même de Souvenange, ce pour quoi mon mari et moi nous avons fondé cette association. 

    Petite I. aura toujours une place dans mon cœur et dans ma mémoire, comme tous les autres bébés que j’ai rencontrés et photographiés.

    Souvenange est une merveilleuse aventure humaine, je suis heureuse et fière de poser ma toute petite pierre à l’édifice, et tellement reconnaissante à la Vie que ma route ait croisé celles de tant de personnes bienveillantes. 

    Et pour mon rendez-vous de midi manqué, quand je l'ai dit à ma fille, elle m'a écrit "C'est bête, pour une fois que tu prends du temps pour toi...", je lui ai répondu que oui, mais que j'étais une toute petite "Super-Héroïne" )

    C'est comme ça que je me sens à chaque fois que je sors de ces séances, toute petite "Super-Héroïne", mais surtout reconnaissante. Parce qu'on croit a priori que l'on ne fait que donner, mais c'est complètement faux, on reçoit encore bien plus.

    Hélène, bénévole pour Souvenange Photographie France

  •  Témoignage d'Emmanuelle, photographe bénévole pour Souvenange

    Je voulais vous raconter ma rencontre avec un petit ange… 

    Je m’appelle Emmanuelle, j’ai 28 ans et je suis bénévole photographe pour l’association SOUVENANGE.

    Mon histoire commence fin novembre. Hélène, la présidente de l’association, me contacte pour une demande d’intervention dans une maternité à la demande des parents, pour début décembre. Cette maternité n’a pas signé de convention avec Souvenange, il n’y a pas de photographe bénévole dans le secteur. Hélène me demande si je peux intervenir dans cette maternité le lendemain de la naissance du petit garçon.
    Hélène me laisse le choix d’accepter ou non…
    Mais comment refuser la demande de cette maman, de ces parents… Et puis je me suis engagée pour ça, apporter mon aide aux parents. Je dois le faire.
    Avant de donner ma réponse, j’organise ma vie de famille, pour cette journée particulière, afin de faire garder ma fille.

    Je contacte Hélène, ma réponse est : OUI.

    Il fallait maintenant que je contacte la future maman par téléphone pour que l’on prépare au mieux mon intervention. J’avais un peu peur de lui parler, peur de dire un mot plus fort que l’autre, un mot mal placé. Le contact s’est fait naturellement, nous avons pris le temps d’échanger sur l’association, du lieu des photos. Elle m’a demandé ce qu’elle pouvait rapporter pour ce jour-là et si elle pouvait être présente avec le papa.
    La semaine a été chargée en émotion. Entre attente et inquiétude. Nous nous sommes contactées 2 ou 3 fois, et je savais que j’allais rencontrer un tout petit garçon. Un petit garçon qui naîtra sans vie. Á chaque fois que je raccrochais le téléphone, les larmes coulaient sur mes joues. Je n’osais imaginer leur chagrin…

    Le jeudi 7 décembre à 19h45, je reçois un message vocal de la sage-femme : Petit A. est né… Une date que je n’oublierai pas.

    Le jour J est enfin arrivé, le vendredi 8 décembre. Ma fille et mon mari quittent la maison, je les embrasse. Je contrôle une dernière fois mon matériel, pour ne rien oublier. Il est 8h45 je prends la route pour la maternité. Je préviens le papa. Je suis sereine. Le jour se lève tout doucement en cette matinée de décembre. Le soleil inonde petit à petit les champs, les routes. Les couleurs sont magnifiques. Il fait frais. Sur la route je regarde à nouveau si tout mon matériel est bien dans mon sac. Je sais l’importance de ces photos et je n’ai pas le droit à une seconde chance. Mon GPS me guide, j’essaie de me concentrer sur la route. 

    Après 1h20 de trajet, il est 10h10, je viens de me garer devant la maternité. J’envoie un message au papa pour le prévenir de mon arrivée et j’appelle la sage-femme. Elle vient très rapidement à ma rencontre. Nous échangeons sur l’association en marchant dans les couloirs. Elle me présente une petite salle avec une fenêtre et un lit, c’est parfait. Le temps de sortir mes affaires et de préparer le lieu, nous discutons tranquillement. La sage-femme est bienveillante et est intéressée par ma démarche et celle de Souvenange. Je suis contente qu’elle reste un peu avec moi pour parler, car mon stress commence à monter. Je sais que ma rencontre avec ce petit ange est proche.

    Je lui demande si je peux voir petit A. avant la venue des parents. Je ne voulais pas avoir un visage peiné ou une réaction particulière devant eux. La sage-femme arrive dans la pièce, petit A. est enveloppé dans un linge blanc. Elle le pose délicatement sur le lit. Nous entrouvrons le tissu et je découvre son petit visage. Il est dans un joli nid d’ange en tricot blanc avec un bonnet bleu ciel. Il est beau. Si petit mais déjà si parfait. 

    Je n’ai pas osé prendre ce petit bonhomme pour le déplacer. Mes mains ont commencé à trembler et j’ai eu peur d’abîmer sa peau si fragile. C’est la sage-femme qui l’a déposé sur le tissu que j’avais préparé. 

    Je le regarde. Je l’observe. Je l’admire.

    Je commence tranquillement les photos. J’ai toujours en tête l’importance qu’auront ces images pour sa maman et son papa, mais aussi pour toute la famille. Je ne veux rien oublier. Je photographie petit A., dans son ensemble puis je réalise des photos de détails, les petites mains, les petits pieds, son doux visage. 

    J’entends frapper à la porte, les parents de petit A. sont arrivés. Nous nous sommes eus au téléphone ces derniers jours, le contact se fait très rapidement. Nous regardons ensemble les accessoires que sa maman a pu apporter, dont le doudou de son grand frère. Je continue la prise de vue et nous en profitons pour faire quelques photos de famille.
    C’est très émouvant. Je ressens et vois toute leur tristesse, mais j’essaie de ne rien faire paraître. Je suis concentrée sur ma prise de photo et mon appareil me sert de filtre.

    Ma mission se termine à la maternité, je repose délicatement ce petit bout dans son linge blanc. Je lui dis au revoir secrètement dans ma tête. C’est la dernière fois que ses parents le verront. Je raccompagne la maman du petit A. et son papa, dans leur chambre. Ils souhaitent me parler et me poser quelques questions sur mon adhésion en tant que bénévole. Nous discutons un peu. 

    Il est 12h00, je crois, je ne sais plus exactement. Je marche jusqu'à ma voiture, je me sens bien, forte pour le moment. Je monte à fond le son de la radio. Je chante. J’ai l’impression que ça me fait du bien, peut-être pour décharger les émotions. Et puis en fait, non, je ne suis pas si forte que ça… les larmes coulent. Je repense à ce tout petit bébé, né sans vie.

    Merci d’avoir lu mon témoignage en tant que photographe bénévole pour l’association SOUVENANGE. Nous avons besoin de photographe et de dons pour financer l’accompagnement des parents. 

    Emmanuelle

  • Témoignage de Mélanie endeuillée en 2015 et 2017

    Cela fait plusieurs jours que j'essaye de mettre des mots sur les rencontres que j'ai faites en août dernier. Mon fils né prématuré, avait trois semaines et il portait tellement d'espoir. Et pourtant un jour, j'ai dû me résigner à le laisser partir.
    Le 5 Août, vers 20h, sentant que les jours de mon fils étaient comptés, j'ai envoyé un message à l'association.

    "Bonjour,
    Mon fils est hospitalisé en réa à Trousseau. Il va très mal et je me demandais s’il est possible qu'un photographe vienne nous prendre en photo. 
    Merci d'avance de votre réponse."

    Et puis le lendemain, Jen est venue nous photographier Léo, K. mon conjoint et moi. J'avais un peu menti à mon conjoint, étant resté évasive sur l'association. Pour K., Léo n'allait pas mourir. Il y avait toujours de l'espoir. Je ne sais pas s’il aurait accepté de se faire photographier, et de faire photographier Léo, s’il avait su que cela s'inscrivait dans le projet de fin de vie de notre fils. Et on aurait regretté, je lui en aurais voulu... J'ai fait encore une fois comme je pouvais, du mieux que je pouvais. Je me rappelle de ce jour, comme étant un jour doux : je savais que je ne pouvais plus rien faire pour sauver mon fils, mais éterniser ces moments-là, c'était essentiel pour moi. Jen a été très à l'écoute et très humaine avec nous. J'ai pu ensuite habiller Léo. Et Marion est venue le lendemain nous photographier de nouveau. Empathie et soutien sont restés les maîtres mots. 

    C'est encore avec la gorge serrée qu'aujourd'hui, six mois et demi après, bien qu'il existe des millions de mots pour l'exprimer, aucun ne semble être à la hauteur de l'accompagnement que j'ai eu. L'association Souvenange, et plus particulièrement Jen et Marion, me permettent de présenter Léo, à travers de superbes photographies. Ces photographies sont ce qui se rapprochent le plus de l'image qu'il me reste de Léo. Parce qu'il faut le dire, la réanimation et les différents soins qui auraient dus sauver mon fils, étaient très invasifs. Mais ce que je vois dans ces images et ce qu'elles me rappellent, c’est un bébé battant qui s'est battu jusqu'au bout. Ce bébé, c'est mon bébé, mon fils d'amour. Je sais pourquoi je ne trouve aucun mot à cela, à cet accompagnement, car il n'en existe qu'un : Merci. Merci à toute l'association, à Jen, à Marion, à Hélène. »

    Mélanie, la Mamange de Luna (2015) et Léo (2017), et la maman de Lindsay et d'un bb4 (prévue pour Juillet 2018)

  • Témoignage d'une maman accompagnée par l'association

    J’ai écrit ce témoignage comme si je le racontais à notre bébé (sauf pour la dernière partie).
    On peut se demander pourquoi j’ai insisté sur les dates, je l’ai fait car chaque date est gravée en moi à jamais. Chaque date mentionnée nous rapprochait du jour fatidique où nous devrions dire au revoir à notre unique enfant, né sans vie à 25+5 jours de semaines aménorrhées.

    J’ai appris ma grossesse le 25 août 2017, suite à des douleurs dans le bas du ventre qui me faisaient souffrir depuis une semaine.
    Jusqu’au 4 janvier 2018, j’ai eu une grossesse sans gros soucis, quelques douleurs ligamentaires, bassin qui se bloquait et une thyroïde à suivre de très près.
    J’ai eu une échographie tous les mois, où ton évolution été très bonne, tu as joué à cache-cache avec nous en novembre et décembre ce qui fait que nous n’avons pas pu savoir si l’estimation de « fille » faite lors de mon écho des 12 semaines se concrétisait.

    Notre quotidien a basculé le 4 janvier 2018, jour de l’écho morphologique que nous attendions avec impatience. La première partie de l’écho s’est passée comme habituellement, nous avons appris qu’un petit garçon avait fait son nid dans mon ventre et non une petite fille, je vois encore ton père sourire fièrement car il avait toujours dit que tu étais un garçon.
    Encore une fois tu as joué à cache-cache avec nous et le médecin. Après insistance elle s’est attardée sur certaines parties de ton corps sans dire un mot, jusqu’au moment où elle nous a informée arrêter l’écho... à ce moment j’ai su que quelque chose n’allait pas.
    Elle a prononcé cette phrase qui a tourné en boucle dans ma tête pendant des jours 
    « … Je suis désolée, il y a un problème avec votre bébé… »
    Elle nous a expliqué que tu avais une grave malformation au niveau du tube neural, que ton cerveau présentait également des malformations… je suis restée forte au début mais j’ai fini par craquer. Je me souviens encore qu’elle me caressait le bras pour m’aider à encaisser la nouvelle. Elle nous a demandé de prendre rendez vous avec le centre anténatal de Poissy afin qu’il confirme ou non les malformations découvertes.
    Nous sommes sortis du rendez vous plus démunis que jamais, ton papa a craqué dans la voiture, nous avons commencé à recevoir les sms de nos proches qui, comme nous, attendaient l’écho avec impatience, nous n’avons pas pu leur répondre, notre peine était trop lourde.

    Nous avons eu rendez vous le lendemain, soit le 5 janvier à Poissy, le médecin qui nous a reçus, nous a confirmé ce que nous savions déjà, il a ajouté que tes petits pieds non plus n’avaient pas évolués correctement.
    Il nous a informés que notre dossier serait présenté le mardi 9 janvier en staff afin d’avoir l’accord de faire pratiquer une IMG si nous le souhaitions.
    A partir de ce moment, nous avons passé des journées entières sur internet à la recherche de la moindre information, nous voulions savoir comment avec de telles malformations tu pourrais vivre, quel recours nous avions pour te faire vivre convenablement. Après plusieurs jours nous nous sommes rendus à l’évidence, tu ne pourrais pas vivre joyeusement avec autant de problèmes, ta vie serait devenue un vrai calvaire et nous ne voulions pas ça pour nos enfants.

    Le 8 janvier le centre anténatal de Poissy m’a contactée pour que je fasse une amniocentèse, elle a eu lieu le 10 janvier, lors de ce rendez vous nous avons appris que le staff avait donné son accord pour une IMG. Nous avons eu un rendez-vous avec le professeur Zerah de l’Hopital de Necker le jeudi 11, nous sommes sortis de ce rendez-vous, non pas soulagés, mais convaincus que notre décision pour ton avenir resterait la meilleure. Nous avons fait part, à l’hôpital de Poissy, de notre utile décision le vendredi 12. Cette décision restera un choix très difficile que nous avons dû prendre, on s’attendait à te donner la vie, et non à programmer ta mort mon bébé. 
    Le même jour avec ton papa nous avons choisi ton prénom, Hugo, il ne faisait pas partie de nos choix, mais nous voulions un prénom doux pour toi. Quand j’y repense ton prénom rime avec « là-haut », « là-haut » est ta demeure à jamais.
    Le week-end suivant nous avons décidé de ce que nous voulions pour toi, nous avons fait différents choix concernant tes funérailles, tes habits, quel souvenir nous voulions … J’ai rejoint ce même dimanche le groupe IMG et Deuil Périnatal sur Facebook, j’ai raconté notre histoire et une maman m’a prise sous son aile, elle m’a beaucoup aidée, m’a expliqué ce qu’elle avait fait pour sa petite fille partie au ciel quelque mois auparavant.
    Dans la conversation elle m’a parlé de l’association Souvenange, qui venait en aide auprès de parents vivants la même chose que nous. Les bénévoles de l’association interviennent dans les maternités après la naissance de bébés afin de faire des photos d’eux, les photos prises sont des souvenirs pour les parents en deuil. 
    J’ai parlé de cette association à ton père et j’ai décidé dans la foulée de prendre contact avec eux le jour même. Hélène de l’association, m’a répondu quelques minutes plus tard. A ce moment précis je n’avais pas encore connaissance de la date de ton départ, nous avons alors décidé avec Hélène que je la recontacterais dès que les informations me seraient transmises par l’hôpital. 

    Lundi 15 janvier, l’hôpital de Poissy m’a recontactée pour qu’on fixe un rendez vous le lendemain afin d’organiser l’img, la sage-femme au téléphone m’a également informée que l’intervention pouvait avoir lieu le jeudi 18 janvier.
    Mardi 16 janvier, nous avons pris connaissance du déroulement de l’IMG, les premiers résultats de l’amniocentèse nous ont été communiqués, la trisomie 18 est détectée en plus du spina bifida, encore une fois nous accusons le coup, mais notre décision prend tout son sens.
    En sortant du rendez vous, un grand besoin de prendre l’air se fait ressentir pour ton papa et moi, nous nous rendons dans un magasin et achetons le nécessaire pour que je puisse customiser ta boîte à souvenir. Six mois à réfléchir à ta chambre, pour qu’au final tes petites affaires finissent par tenir dans une petite valisette. J’ai recontacté Hélène de Souvenange afin de l’informer que l’IMG aurait lieu de 18 janvier. J’apprends alors que Céline sera la bénévole à nos côtés pour la prise de photos.

    Mercredi 17 janvier, je reçois un sms de Céline qui souhaite avoir un rendez-vous téléphonique avec moi afin de se présenter. Notre rendez vous a eu lieu le jour même à 14h, j’ai eu au téléphone une personne très douce, qui m’informe que son intervention auprès de nous serait sa première expérience.
    Le reste du temps je l’ai consacré à préparer ta tenue, j’ai longuement réfléchi au doudou qui t’accompagnerait, j’ai aussi prié pour me réveiller de ce cauchemar. Mais ce réveil n’a jamais eu lieu. Après avoir passé la journée à faire bonne figure auprès de ton papa, je me suis effondrée de chagrin, j’ai réalisé que je passais ma dernière nuit en ta compagnie, encore une fois ce soir là et depuis le 4 janvier tu t’es manifesté, j’ai ressenti tes coups, des coups plus fort qu’habituellement. J’ai dormi 3 heures cette nuit-là, je peux dire que tu n’a pas dormi beaucoup non plus, car à chacun de mes mouvements tu m’a montré que tu étais présent mon fils.

    Jeudi 18 janvier, Hélène de l’association m’a envoyé un message de soutien, son message aussi minime soit-il m’a fait chaud au cœur, ce n’est pas le seul que j’ai reçu ce matin là, mais dans des moments pareils, un soutien de n’importe quelle personne prend tout son sens. Nous sommes arrivés à Poissy dans le service GHR à 8h30, j’ai fait connaissance avec les sages-femmes présentent ce jour là, nous leur avons expliqué ce que nous voulions pour toi. Je suis partie en salle d’accouchement vers 10h. La suite des événements nous sont propres, je peux juste dire que ton petit cœur a cessé de battre à 13h ce jeudi 18 et que tu es né vendredi 19 janvier à 11h29, sans un pleur, ni cri...

    Suite aux événements des deux derniers jours Céline n’a pas pu venir le vendredi. Nous avons fait sa connaissance « physique » samedi 20 janvier vers 11h00, elle a pris des clichés de toi Hugo, des clichés de nous en tant que famille, des clichés qui feront partie des petits souvenirs que nous allons avoir de toi, certains clichés seront affichés chez nous afin que nos proches te voient avec les mêmes yeux que Céline.

    Aujourd’hui nous sommes le 8 février 2018, il y a maintenant 3 semaines que tu es parti, mon ange, mais c’est aujourd’hui que j’ai la force d’écrire le témoignage pour l’association Souvenange afin que d’autres parents démunis comme nous l’avons été, puissent trouver du réconfort avec les photos de leurs petits anges.
    Au-delà des photos prises par Céline, lors de ma démarche auprès de l’association j’ai fait connaissance avec Hélène, qui à chaque étape de notre « malheur » a su nous témoigner son soutien, lors d’épreuves comme nous avons vécues, un simple message vous aide, vous montre que des gens pensent à vous. 
    Céline elle, nous a mis à l’aise tout de suite, j’étais très réticente lors de sa venue, pas que j’avais changé d’avis, mais parce qu’entre l’arrêt de ton cœur et ta naissance Hugo, il s’est passé presqu’une journée, une journée durant laquelle ta peau s’est beaucoup abîmée (sur une paupière et sur tes mains), j’avais peur que Céline soit choquée, car il s’agissait de sa première intervention. 
    Lors de ta découverte Hugo, Céline n’a rien laissé paraître, elle a peut-être été choquée mais ne l’a jamais montré. Notre rencontre n’a pas duré longtemps mais nous avons eu en face de nous, une personne bienveillante et pleine d’attentions, elle t’a manipulé avec beaucoup d’attention, elle a fait son maximum pour que tes photos soient jolie (le cadre ne s’y prêtait pas), elle a arrangé les choses de façon à ce que tes compagnons de voyage apparaissent sur nos photos.

    C’est un choix très personnel de savoir si nous voulons des photos de nos bébés, c’est un choix tout aussi personnel que de faire appel à une association, afin de les laisser rentrer dans votre intimité pour que vous ayez des photos souvenirs de votre enfant. 
    Je ne changerai rien sur les choix que nous avons faits. 
    Je serais reconnaissante à vie envers Anaëlle, c’est elle, la maman et mam’ange qui m’a prise sous son aile et qui m’a parlé de l’association. Par son expérience elle savait que ces photos pourraient nous aider sur le chemin de notre deuil.
    Merci à l’association de venir en aide aux parents, merci aux bénévoles pour le travail qu’ils accomplissent. Ces photos ne nous ramèneront pas nos enfants, mais elles vont nous permettent de les faire vivre dans nos foyers et familles. En regardant mes photos je verrais une famille, notre famille. Notre fils ne pourra plus jamais apparaître sur d’autres photos alors celle faite par Céline le 20 janvier prennent tout leur sens. Elles reflètent les moments trop court que nous avons passés avec Hugo, des moments à jamais gravé dans notre mémoire mais immortalisés par l’existence de l’association et par les bénévoles qui chaque jours interviennent à nos côtés pour que notre douleurs soit apaisées.
    Chaque matin un regard sur ces photos me donnera la force d’avancer pour Hugo.

  • Accompagnement d'une maman endeuillée en janvier 2014

    Aujourd'hui j'ai envie de témoigner afin de vous dire toute l'importance de l'image dans mon parcours de deuil périnatal.
    Le 23 Janvier 2014, j'ai accouché de notre petite Léonie née sans vie.
    Épreuve d'une difficulté indéfinissable... 
    Je l'ai vue, bien regardée, touchée mais pas photographiée. 
    L'hôpital l'a fait pour le dossier médical.
    Deux ans après, suite à un grand travail psychologique, je vais bien, enfin presque, il me manque cette douce trace visuelle...
    Et là, je découvre Souvenange, j'ai peur de faire appel à eux, j'appréhende de demander ces photos d'hôpital mais je me lance, il me faut ce doux souvenir de ma petite étoile....
    J'échange des mails avec Hélène et lui envoies ces clichés morbides de ma petite (absolument pas comme sur l'image de départ dans mon esprit).
    Ils y travaillent et un jour je reçois leurs images, mes images... tellement douces, si apaisantes.... Je les regarde longtemps, souvent...
    Et oui, enfin J'ai un souvenir physique d'elle, elle a bien existé j'en ai la preuve.
    Ma fille dont je parle, on peut la voir.... 
    Ces derniers clichés de Léonie m'ont permis de mettre fin au dernier regret lié à ce deuil. Aujourd'hui, je vis sereinement.
    Merci Souvenange pour ce travail magnifique et les bienfaits que vous rendez à ces parents tellement fragilisés.

  • Témoignage d'un couple endeuillé en octobre 2015

    En octobre 2015, nous sommes confrontés au deuil périnatal. Nous devons dire adieu à nos deux petites jumelles, Romane et Chloé, nées sans vies à 25 SA. L'équipe médicale, très bienveillante, prend nos petites en photos. Sur le coup, nous ne comprenons pas trop l'intérêt d'une telle démarche. Arrivés chez nous, nous découvrons ces fameuses photos. Malheureusement, elles sont de mauvaises qualités,et nos filles ne sont pas du tout mise en valeur. Là, je prends conscience que ces photos ont une très grande importance. En effet, nous avions besoin, avec mon mari, de pouvoir présenter nos filles à nos grands enfants, ainsi qu'à nos proches. Nous voulions, de cette manière, qu'elles prennent une vraie place dans notre famille. Mais nous ne pouvons pas montrer ces photos. Cette vision serait trop difficile pour eux. Et nous ne voulons pas qu'ils gardent une mauvaise image de nos filles. Quelques semaines plus tard, j'ai découvert l'association Souvenange. J'ai, dans un premier temps, beaucoup hésité, puis je me suis lancée à envoyer mes photos par mail. Cette étape n'est pas simple. Nous envoyons à des inconnus, une partie très intime de notre vie. Mais Hélène m'a beaucoup rassuré au travers de nos échanges de mails. Quelques jours plus tard, j'ai reçu les photos de Romane et Chloé. Superbes. Les photos sont en noir et blanc, mais aussi en couleur. Leurs visages ont été retouchés, mais nous les reconnaissons très bien. C'est juste beaucoup plus facile à regarder. Elles sont belles. Tout a été fait avec un grand respect par une équipe formidable. Depuis, nous n'hésitons plus à présenter nos filles à nos proches. Nos enfants ont chacun une photo de leurs petites sœurs. Ils aiment les regarder de temps en temps. Et grâce à Souvenange, nous allons pouvoir montrer à notre petite dernière, ses grandes sœurs des étoiles. Un grand merci à Souvenange d'avoir pu apaiser notre souffrance de parents endeuillés.

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